Catastrophe dans l’industrie de la confection au Bangladesh

Crime industriel

Jusqu’à quand le slogan patronal “abaisser le coût du travail” masquera-t-il les drames tels celui qui se déroule à Dacca au Bengladesh?

Le 24 avril 2013 à 9h du matin, un bâtiment – construit illégalement – s’est effondré alors que 2500 ouvriers et ouvrières de la confection se trouvaient à l’intérieur, répartis dans cinq usines travaillant pour de grandes marques occidentales, notamment Mango, Primark, C & A, KIK, Wal-Mart, la place des enfants, Fashions Cato, Benetton, Matalan et Bon Marché. Ces vêtements produits “à bas coût” selon l’expression consacrée, portent la marque de la mort de femmes, d’enfants, d’hommes contraints à un travail d’esclave. Les dirigeants des firmes multinationales du vêtement qui imposent les conditions des marchés passés avec les industriels du Bengladesh doivent aussi être jugés par un tribunal pénal, leur responsabilité étant, à l’évidence, engagée dans ce désastre qui a fait des centaines de victimes.

Ce terrible accident est la partie la moins invisible des atteintes à la vie des ouvrières et ouvriers d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine qui cumulent les risques d’accidents et de maladies professionnelles associés à l’exportation des productions dangereuses des pays occidentaux vers ces trois continents.

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* * * Pétition : Drame de Dacca, c’est trop! (Peuples solidaires)

“Plus de 500 personnes sont mortes dans l’effondrement de l’usine textile Rana Plaza au Bangladesh. Les victimes fabriquaient des vêtements pour des marques occidentales que nous exhortons depuis près de dix ans à agir contre les catastrophes de ce type.
Nous appelons aujourd’hui les entreprises clientes de Rana Plaza à s’engager pour l’aide médicale d’urgence et l’indemnisation des victimes. Elles doivent aussi prendre des mesures immédiates pour éviter de nouveaux drames.

Signez cette pétition pour que les multinationales indemnisent les victimes et évitent de nouveaux effondrements d’usines”

Les faits

Plus de 500 personnes ont trouvé la mort dans l’effondrement, des milliers ont été blessées et près de 150 seraient encore sous les décombres. De nombreux blessé-e-s sont dans un état grave, nécessitant des soins médicaux d’urgence. Beaucoup devront être soignés sur le long terme, voire resteront handicapés à vie. Les familles touchées par la perte ou la blessure d’un être cher perdent aussi une source de revenus bien souvent indispensable à la survie du foyer.

Les fissures étaient visibles !

Le drame aurait pu être évité : la veille de l’effondrement, les personnels avaient quitté les ateliers en raison des fissures apparues dans les piliers du bâtiment. Mais ils ont été contraints de regagner leur poste de travail.

La série noire a déjà trop duré

Sorties de secours bloquées ou inexistantes, installations électriques défectueuses, bâtiments construits sur des sites non-constructibles ou non adaptés à une activité industrielle : ces dernières années, plus de 1000 personnes ont trouvé la mort dans des accidents liés à l’état déplorable des usines..

La négligence criminelle des multinationales

Depuis l’effondrement de l’usine Spectrum qui avait fait 65 morts en 2005, nos organisations n’ont cessé d’alerter les entreprises des risques d’effondrement et d’incendies dans les usines au Bangladesh. Après l’incendie de l’usine Tazreen (112 morts en novembre 2012), les marques ont une nouvelle fois manqué à leur obligation de prévenir de nouveaux accidents en refusant les mesures concrètes portées par nos organisations au profit de propositions dérisoires, insuffisantes pour remédier au problème.

Les organisations locales proposent des solutions

L’an dernier, les organisations syndicales locales et internationales ont proposé aux entreprises de signer un Accord sur la sécurité des bâtiments et la prévention des incendies au Bangladesh. Cet accord prévoit un ensemble de dispositifs concrets comme l’obligation de rénovation et de mise aux normes des bâtiments, la mise en oeuvre d’inspections indépendantes des usines, la formation des personnels…

Il donne un rôle central aux travailleurs quant à son application et prévoit que les prix négociés par les marques avec leurs sous-traitants permettent de couvrir les besoins en matière de sécurité. Il est enfin assorti de l’obligation juridique, pour les marques qui le signent, de respecter leurs engagements.

Les entreprises doivent s’engager maintenant !
Seules les entreprises Tchibo et PVH (Calvin Klein et Tommy Hilfiger) ont accepté de signer l’Accord sur la sécurité des bâtiments et la prévention des incendies au Bangladesh. Malgré nos demandes répétées à de nombreuses marques et enseignes, celles-ci refusent encore de s’engager. Il est temps de leur faire changer d’avis !

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Catastrophe_Bangladesh_2013

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