Parafoudres radioactifs chez France Télécom

Cette page relate la lutte engagée à partir de 2006 au sein de l’entreprise France Télécom pour dénoncer les parafoudres radioactifs installés par milliers (millions) sur le réseau, dangereux pour la santé des travailleurs et des habitants.

 

Historique

Tout commence le 23 octobre 2006 par une alerte de Guy Berthod, délégué du personnel CGT et du syndicat CGT FAPT du Cantal auprès des deux exploitants France Télécom et la Poste :
Le site de Riom-ès-Montagnes, dans le nord Cantal, comporte un nombre anormalement élevé de cas de cancers chez les agents de France Télécom mais aussi chez les Postiers logés dans le même bâtiment.
À la suite de cette alerte, une réunion d’information sera organisée par le Service Santé au Travail de France Télécom et de la Poste.
Les médecins du travail y rendent leur rapport, pour eux ces maladies sont dues à la fatalité, aucun lien avec une éventuelle exposition professionnelle n’est retenu par les services de santé au travail.

2007, réorganisation des services techniques de l’Unité d’Intervention Auvergne :
S’ensuit un nouveau périmètre de CHSCT. Maryline Lamblot, ancienne secrétaire du CHSCT UIC Auvergne passe le relais à Yves Colombat nouveau secrétaire du CHSCT UI Allier-Cantal-Haute-Loire en insistant sur l’aspect complexe du dossier qui est loin d’être réglé.
Devant l’apparition de nouveaux cas de cancers sur le site, les représentants du personnel du CHSCT demandent la tenue d’une réunion extraordinaire, demande qui leur est refusée par le Directeur d’unité de l’époque sous prétexte qu’il n’y a rien de nouveau dans le dossier !

Le 18 janvier 2008 :
Après l’intervention de l’inspection du travail du Puy-de-Dôme, les représentants du personnel du CHSCT obtiennent enfin une réunion de CHSCT, des expertises complémentaires y seront obtenues :
Faire une nouvelle analyse d’amiante (nombre de fibres/litre d’air).
Faire une analyse de rayonnement ionisant.
Faire une analyse de champs électromagnétiques.
De plus, le médecin du travail de France Télécom rencontrera le professeur Chamoux de la médecine du travail de Clermont-Ferrand pour aborder ce dossier au niveau régional.

Le 28 février 2008, Franck Refouvelet contacte Henri Pézerat au nom du syndicat CGT FAPT du Cantal :
Il lui fait part de ses inquiétudes concernant ces nombreux cas ce maladies graves ; Henri Pézerat confirme la nécessité d’engager des investigations complémentaires concernant entre autre l’exposition du personnel de France Télécom aux CMR.
Pour lui, la délivrance d’attestation d’exposition aux salariés et la reconnaissance en maladie professionnelle pour les malades sont indispensables.
La thèse d’une multi exposition semble se confirmer à travers les différentes activités à risques réalisées par le personnel technique de France Télécom.
D’ailleurs le rapport du docteur Christian Torrès confirme la nécessité de faire une étude approfondie concernant ces expositions à risque.

Le 23 juin 2008, le CHSCT décide d’organiser une visite du site de Riom-ès-Montagnes :
Par quatre fois la direction de l’UI Auvergne tentera  d’interdire la visite du site !
L’inspection aura lieu le 23 juin 2008 ; il y sera procédé à une inspection systématique du site comportant entre autre une antenne très proche du bâtiment ; le pylône sera ascensionné par deux pylônistes pour y relever des traces de fixation d’anciens équipements de transmissions (paraboles). Les schémas de transmissions trouvés sur le site seront étudiés précisément, les axes de transmission aériennes reportés sur une carte de la région.
Ce sera aussi l’occasion de recueillir le témoignage des salariés restant sur le site, Télécommunicants et Postiers et leur famille.
Gilles Dumont, de l’Union Locale CGT de Riom-ès-Montagne prend le relais au niveau local pour informer le personnel et les familles de l’évolution du dossier en organisant plusieurs réunions publiques.
Gilles Dumont est lui aussi victime d’un cancer et en décédera courant 2011.

Le 6 octobre 2008 :
Communiqué de presse conjoint du syndicat CGT FAPT, de Henri Pézerat toxicologue et des médecins de prévention concernant la présence de micro sources radioactives sur le réseau de France Télécom Orange.

-> Le communiqué de presse

-> Le rapport « Hémisphères » de 2002 sur les parafoudres qui est « redécouvert » à ce moment-là… et qui n’a eu aucune suite

 

Le 18 novembre 2008 :
Découverte de 12000 parafoudres au Radium 226 dans trois cartons à Moulins. Cette découverte contraindra la direction de l’UI Auvergne à admettre l’existence de parafoudres radioactifs alors que jusqu’à présent elle nous disait qu’il n’en restait plus que dans les musées !

Début 2009 :
Les représentants du personnel du CHSCT entament une série de recherches dans le Cantal puis dans la Haute-Loire. Cette recherche fera l’objet d’un premier document réalisé par la commission parafoudres du CHSCT Allier-Cantal-Haute-Loire.

Les 6 janvier & 6 mars 2009 :
Deux réunions de CHSCT auront lieu concernant le dossier de Riom-ès-Montagnes.
La direction de l’UI Auvergne propose d’engager une expertise avec le CHU de Clermont-Ferrand.

le 12 mars 2009 :
La proposition de la direction est écartée par les représentants du personnel, une expertise est votée à l’unanimité par ceux-ci. (cette unanimité va d’ailleurs devenir la règle au CHSCT Allier-Cantal-Haute-Loire pour tous les points concernant la santé du personnel)
À la demande du cabinet d’expertise SECAFI se joint le GISCOP 93 pour l’aspect concernant la reconstitution des parcours professionnels.

Le 18 janvier 2010 :
Des mesures de radioactivité sont réalisées en Haute-Loire sur une boite RPF contenant des parafoudres au Radium 226 ; ceux-ci sont inconnus de la procédure de recherche et d’élimination de l’UI Auvergne.

Le 14 février 2010 :
Les représentants du personnel CGT du CHSCT amènent à la CRIIRAD des éléments trouvés dans le Cantal ; le rapport de la CRIIRAD confirme les mesures faites sur le terrain, certains parafoudres sont bien radioactifs et émettent fortement.

-> le rapport de la CRIIRAD

-> un point sur la situation sanitaire à France Télécom autour des parafoudres radioactifs en février 2010

 

Le 1er mars 2010, restitution de l’expertise par le cabinet SECAFI :
Compte-tenu de la spécificité du dossier le cabinet d’expertise s’est adjoint le concours du GISCOP 93 afin d’établir les parcours professionnels des salariés travaillants sur le site de Riom-ès-Montagnes.
Le GISCOP 93 mettra en évidence que certains agents de France Télécom ont été exposés jusqu’à sept cancérogènes différents, et comme constante l’exposition aux rayonnements ionisants de tout les agents étudiés par le GISCOP.

Le 15 mars 2010 :
Communiqué de presse conjoint du syndicat CGT FAPT et de la CRIIRAD sur les parafoudres radioactifs de France Télécom.

-> le communiqué CGT FAPT

-> le communiqué de la CRIIRAD

 

Le 24 mars 2010 :
Inscription au registre des dangers graves et imminents d’une boite RPF de l’Allier ; cette inscription oblige France Télécom a diligenter une enquête qui confirmera le haut niveau de rayonnement de certains parafoudres contenant du Radium 226.

-> Danger grave et imminent déclaré par le CHSCT, Ars-lès-Favets, Montluçon

-> Mesures faites par l’Institut de physique nucléaire de Lyon

 

Le 30 mars 2010,  point parafoudres au CNHSCT de France Télécom avec SECAFI, le GISCOP 93 et le CHSCT :
Présentation par l’IRSN d’une étude demandée par France Télécom étude ne tenant pas compte des éléments trouvés en Auvergne par le CHSCT.
L’étude tronquée permet à France Télécom de minimiser le risque encouru par le personnel et sert d’alibi pour toutes les informations délivrés au personnel, aux médecins et à la presse concernant le dossier.
La direction de l’UI Auvergne décide de faire enlever les boites RPF encore présentes sur le réseau auvergnat (ne connaissant par leur localisation il en reste encore un certain nombre à l’heure actuelle !)

-> l’étude de l’IRSN

-> la critique de l’étude de l’IRSN par le GISCOP 93

 

Avril 2010 :
Une méthode plus affinée permet aux représentants du personnel d’engager une recherche sur le département de l’Allier.  Recherche couronnée de succès qui confirme qu’il subsiste encore des parafoudres radioactifs sur l’ensemble du réseau téléphonique auvergnat.

Juin 2010 :
La direction nationale de France Télécom décide de confier une mission d’expérimentation à l’UI Auvergne concernant la recherche et l’élimination des micro sources radioactives encore présentes sur le réseau téléphonique.

Le 8 septembre 2010 :
Une visite terrain est organisée en Haute-Loire par les représentants du personnel du CHSCT avec la présence de l’inspection du travail et des techniciens de France Télécom ; un questionnaire mettra en lumière que ceux-ci ne connaissent pas les parafoudres alors qu’ils interviennent quasi quotidiennement à leur proximité !

Le 18 octobre 2010 :
Annie Thebaud-Mony communique à l‘IRSN une analyse critique sur la méthodologie de leur évaluation des risques qui minimise ceux-ci.

Le 19 octobre 2010 :
L’inspection du travail de la Haute-Loire met en demeure France Télécom d’enlever tous les parafoudres radioactifs encore présents sur le réseau de télécommunication altiligérien.

-> Mise en demeure de l’Inspection du travail

-> Maintien de la mise en demeure de l’Inspection du travail (décembre)

 

3 février 2011 : Inscription au registre des dangers graves et imminents en gare de Murat (Cantal)

-> Danger grave et imminent en gare de Murat (Cantal)

 

Le 5 Aout 2011 :
Le service de prévention de l’UI Auvergne entame une semaine de tests pour localiser les boites de protection contenant des parafoudres radioactifs.

-> Recueil des mesures de radioactivité

 

Fin 2011 :
Une association d’entraide (EDATET) voit le jour à Béziers ; elle a pour but d’aider les victimes de cancer a faire reconnaitre ceux-ci comme maladie professionnelle en s’appuyant sur les conclusions de l’expertise menée par SECAFI et le GISCOP 93 en 2010/2011 et les travaux menés par les CHSCT Languedoc-Roussillon et Auvergne sur les expositions professionnelles.

Mars 2012 :
C’est 15 mois après la mise en demeure de l’inspection du travail que débutent les opérations de recensement, réalisée par les agents de France Télécom. Et dans la foulée le retrait des parafoudres radioactifs réalisé par une équipe mixte composée d’agents de France Télécom et du personnel d’entreprises sous-traitantes.

Juillet 2012 :
1644 boîtes de protection à changer ont été recensées en Haute-Loire ; l’IRSN a trié 29147 parafoudres radioactifs contenant les radioéléments tels que du Radium 226, du Prométhéum 147, du Tritium ou du Thorium.

Septembre 2012 :
Réunion de la commission « exposition professionnelle et pénibilité » du CHSCT UI Allier-Cantal-Haute-Loire à Issoire. Réunion quelques jours plus part d’un Groupe d’Alerte Santé au Travail à Montpellier, réunissant médecins, experts et salariés de France Télécom, il y sera abordé les expositions professionnelles des personnels de France Télécom et de ses soustraitants.

-> Réunion de la commission « exposition professionnelle et pénibilité » du CHSCT UI Allier-Cantal-Haute-Loire

 

Mars 2013 :
L’opération de recensement et dépose des parafoudres radioactifs continue dans les 91 bâtiments techniques que compte la Haute-Loire.
Il est à noter que le catalogue des parafoudres initié par les représentants du personnel s’enrichit régulièrement par les nouveaux parafoudres inconnus de France Télécom et découvert par le personnel de terrain et les représentants du personnel du CHSCT.

 

Dans la presse

Le Canard enchaîné, avril 2008

La Montagne, janvier 2009

Charlie Hebdo, avril 2010

La Montagne, avril 2010

Bakchich Hebdo, mai 2010

Midi libre, septembre 2011

L’Humanité, octobre 2012 (1)

L’Humanité, octobre 2012 (2)

Santé et travail, janvier 2013

La Montagne, janvier 2013

Le Progrès, février 2013

 

Contacts

Yves Colombat (colombat.yves[arobase]wanadoo.fr)

Franck Refouvelet (franck.refouvelet [arobase]wanadoo.fr)

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