Remise du prix Robert Tressell à Annie Thébaud Mony

Annie Thébaud Mony reçoit un prix pour son engagement envers les ouvriers

La sociologue française Annie Thébaud-Mony a été récompensée samedi 24 Novembre par le prix Robert Tressell pour ses «services rendus aux travailleurs ». Ce prix  lui a été décerné  par la « Construction Safety Campaign”, une organisation britannique non gouvernementale qui s’occupe de défendre les droits et la santé des travailleurs du bâtiment.

Le jour même de leur assemblée générale à Doncaster, une ville industrielle du nord de l’Angleterre,  le prix a été remis à Annie Thébaud-Mony à la Maison du citoyen et de la vie associative de Fontenay-sous-bois, lors de l’Assemblée Générale de l’Association Henri Pézerat.

Très touchée, Annie Thébaud Mony a tenu à souligner l’importance de ce syndicat britannique  dans sa lutte contre l’amiante et pour les droits des travailleurs en matière de santé, lutte menée avec son compagnon, le scientifique Henri Pézerat, décédé en février 2009.

Robert Tressell était le nom de plume de Robert Noonan, l’auteur de « The Ragged Trousered philanthropist ». Ce livre est un classique de la littérature militante et fait partie de la « boite à outils » de nombreux syndicalistes depuis près d’un siècle. Il a été publié dans plus de 100 langues. La famille Noonan soutient ce prix qui récompense les efforts hors-normes de gens de la société civile, engagés dans la défense des travailleurs.

Annie Thébaud-Mony est bien connue  en France mais aussi internationalement pour ses recherches sur la santé et en particulier les cancers liés au travail. Elle a dirigé le  GISCOP93 (Groupement d’Intérêt Scientifique sur les cancers d’origine professionnelle) à l’Université Paris XIII en Seine-Saint-Denis. En tant que directeur de recherche Inserm elle a également été responsable du programme scientifique de sociologie comparée en matière de santé au travail : France, Brésil, Québec, Japon (ANR). Elle préside l’Association Henri Pézerat (santé, travail, environnement) et est porte-parole de Ban Asbestos France,  une branche du Réseau international qui  lutte pour l’interdiction mondiale de l’amiante et la condamnation pénale des industriels responsables de ce désastre sanitaire.

Le 31 Juillet 2012, elle avait refusé la Légion d’honneur, pour dénoncer l ‘”indifférence” qui touche la santé au travail et l’impunité de ces « crimes industriels ». Elle avait alors écrit une lettre à la ministre chargée de l’Égalité des territoires et du Logement, Cécile Duflot afin d’expliquer pourquoi. Elle y dénonçait notamment le manque de financement de ce secteur de la recherche.

Vidéo de la remise du prix :