avr 052011
 

 Mobilisons-nous pour une information digne de ce nom !

 

Après un moment d’intense émotion, les nouvelles concernant la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon se font rares, remplacées par les catastrophes guerrières de la Libye et de la Côte d’Ivoire ! Dans la zone des 20km autour de la centrale, les corps de victimes du tsunami – fortement radioactifs – demeurent sans sépulture, ajoutant au drame des familles concernées ce terrible outrage aux morts. La CRIIRAD alerte sur le fait que des millions de personnes sont actuellement à la merci de radioactivité. Quant aux travailleurs intervenant actuellement sur le site de la centrale de Fukushima où les niveaux d’irradiation et de contamination sont extrêmement élevés, la parole ne leur est pas donnée. Qui sont-ils ? Des documents d’avant la catastrophe montrent comment Tepco et les autres exploitants du nucléaire «contrôlent » le risque radioactif en période « normale » dans les opérations de maintenance et ce qu’il en coûte pour la santé et la vie des travailleurs. Les notres ne sont pas vraiment mieux traités, comme le montre le film d’Alain de Halleux.

RAS Nucléaire, rien à signaler

Concernant la population sous le vent du panache radioactif – au Japon, en Asie ou ailleurs -, rien n’est dit ni sur les dangers, ni sur les précautions à prendre. Le scénario de désinformation qui – par les voix conjointes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et de Association Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) – a permis le déni des conséquences sanitaires de l’accident nucléaire de Tchernobyl, est en place. Aucun recensement précis des victimes de la contamination radioactive – sur le site de Fukushima et en dehors – n’est assuré. Il est faux de dire que les faibles doses sont sans effet. Comme rappelé dans un article paru dans le Monde du 22 mars 20114, des cancers, des anomalies chromosomiques et d’autres effets souvent mal recensés, sont associés à l’irradiation et à la contamination radioactives chroniques de faible intensité. L’obsession des industriels et des autorités de sûreté, nationales et internationales, est de sauver la face de l’industrie nucléaire, en parlant de contrôle (technique) des réacteurs et de « retour d’expérience » dans l’analyse de la gestion de la « crised, c’est-à-dire de la perte de contrôle de la réaction nucléaire. Pas un mot des victimes actuelles et futures de la catastrophe de Fukushima.

Que faire ? Nous devons résister à cette banalisation du danger pour nous, nos enfants et les générations futures. L’association Henri Pézerat s’associe à la CRIIRAD pour diffuser la pétition pour une transparence effective de l’information sur les rejets radioactifs de la centrale accidentée.

Que chacun diffuse ces informations, films et vidéos, afin de contribuer à une prise de conscience de ce que représente la catastrophe de Fukushima en ce XXIe siècle. Ce n’est pas seulement un « accident » industriel. Dans son ampleur et sa durée, elle témoigne de l’impuissance humaine à gérer le risque nucléaire sans que des hommes et des femmes – et leurs enfants – soient sacrifiés, aujourd’hui et dans le futur.

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Voir le documentaire Nucléaire Ginza – empoisonnement par les radiations à l’intérieur de l’industrie nucléaire du Japon. (diffusé sur Channel 4 – Angleterre – 1995) :

Nucléaire Ginza 1

Nucléaire Ginza 2

Nucléaire Ginza 3

Voir aussi la tribune d’Annie Thébaud-Mony, présidente de l’Association Henri Pézerat