Association des malades de la chimie

A M C

L’Association des Malades de la Chimie a été créée en 2003 à Commentry (Allier), avec l’aide d’Henri Pézerat.

C’est une association d’entraide des  salariés, des anciens salariés et de leurs familles, des entreprises AEC, SEP MONTLUCON, RHONE POULENC NA, AVENTIS, ADISSEO COMMENTRY, ainsi que des entreprises extérieures.

En tant que personne morale, elle est l’un des membres fondateurs de l’Association Henri Pézerat en 2009.

En 1982, l’usine Adisseo de Commentry (Allier), spécialisée dans la nutrition animale, inaugure un nouveau procédé de synthèse de la Vitamine As. Ce procédé utilise un produit, le chloracétal C5, dont la toxicité sera rapidement mise en cause par les salariés et le service médical. Cependant, la direction refuse de changer son procédé de synthèse, et ce jusqu’à ce jour. De 1994 à aujourd’hui, 35 cas de cancers du rein ont été diagnostiqués chez les salariés, et l’on compte 11 décès. (voir historique ci-dessous établi par Christian Micaud, président, et Gérard Barrat, médecin conseil)

 

CONTACTS :

Christian Micaud, Président / email / 06.30.83.29.81

Gérard Barrat, Médecin conseil / email

Francis Gauthier, Secrétariat / email

 

HISTORIQUE – chloracétal C5 à Adisseo Commentry

1982 –    1983 :    démarrage de la nouvelle synthèse de vitamine A

1984 –    1989 :   le CHSCT et le service médical demandent à la direction des études toxicologiques sur le chloracétal C5 et les intermédiaires de synthèses, refus de la direction.

1989 –    1990 :  changement de direction ; la nouvelle direction accepte des études de mutagénicité (test de AMES).

1990 –    1991 :    premiers résultats des études qui montrent que le C5 et l’acétoxyisopène sont deux produits mutagènes.
test de AMES +
test de micro noyau in vitro – pour le C5

1992 –    1993 :   mise en place d’une surveillance par échographie du personnel exposé dans les années 1982-83 su C5
Avec le CHSCT et le service médical, propositions pour améliorer les conditions de travail sur les bouchages, mise au point du dosage C5 dans l’atmosphère.

1994 :   découverte du 1° cancer du rein :
utilisation de l’air respal
balisage de la zone
mesure de C5 dans l’atmosphère.

1995 –    1996 :    découverte du 2° cancer du rein
extension de l’échographie abdominale aux retraités
suspicion de la synthèse du C5 dans l’origine de ces cancers
Le CHSCT et le service médical proposent à la direction :
–    des recherches cancérogénécité     ( refus de la direction )
–    des règles précises des interventions sur le C5
–    air respal  (accepté ), balisage  ( accepté )
–    sas de décontamination – étude de la direction
–    l’installation de détecteurs avec alarme comme pour le chlorure de vinyle  (refus de la direction)
–    le remplacement de la synthèse du C5 par une synthèse faisant appel à des produits moins toxiques  (refus de la direction)

1997 :    découverte du 3° cancer du rein, conception d’une plaquette destinée au personnel pour l’informer sur les dangers du C5

1998 :  déclaration des deux premiers cancers du rein à la CPAM  (cancers professionnels ) pour passage au comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, le CHSCT et le service médical insistent pour un sas de décontamination, des détecteurs, le remplacement du C5

1998 :     distribution de la plaquette destinée au personnel pour l’informer du risque du C5

1999 :    deux nouveaux cas de cancer

déclaration des 3 autres cas de cancers du rein comme maladie professionnelle
mise en place d’un sas de décontamination.
5 cas de cancers du rein sont déclarés en maladie professionnelles refus de la CPAM

2003 :  Création de l’association des malades de la chimie  AMC avec l’aide d’Henri Pézerat.

2004 – 2007 : recensement des nouveaux cancers du rein avant les premières reconnaissances en maladie professionnelle

20 avril 2007 :  jugement par le TASS (tribunal affaires sécurite sociale), faute inexcusable de l’entreprise reconnue

extrait du jugement:

Qu’en tout état de cause l’employeur se devait d’être particulièrement vigilant quant à l’utilisation de produits qu’il avait lui-même élaborés; qu’il ne pouvait en sa qualité de leader mondial et de grande entreprise de la chimie, doté de moyens importants, ignorer les dangers inhérents aux manipulations de multiples substances chimiques qu’il effectuait; que l’objectif de rentabilité qui pouvait être légitimement recherché lors de la mise en oeuvre du nouveau procédé de synthèse de la vitamine A  ne le dispensait pas d’études approfondies et régulières sur la toxicité à moyen et long therme des produits employés; qu’il n’a pas versé aux débats les études de toxicité sur le chloracétal C5 dont il a prétendu qu’elles avaient été réalisées à la fin des années 1970. »

octobre 2012
A ce jour, nous avons recensé  38 tumeurs du rein : 35 cancers du rein, 3 oncocytomes, dont 11 décès. 25 sont reconnues en maladie professionnelle.  

Le récit de cette lutte a été publié récemment :
Pézerat H. (†), Micaud C., Barrat G., Thébaud-Mony A., « Une épidémie de cancer du rein chez les travailleurs d’une entreprise de l’industrie chimique : de l’alerte à la condamnation en faute inexcusable », in : Thébaud-Mony A., Daubas-Letourneux V., Frigul N., Jobin P., (dir.) (2012) Santé au travail : approches critiques, La Découverte, Collection Recherche.

Documentation

Article dans le Journal des professionnels de la santé au travail, 2007  (pdf)

Interview dans le Journal des professionnels de la santé au travail, 2007  (pdf)

Ecouter l’émission « Là-bas si j’y suis » consacrée à la lutte des travailleurs d’Adisseo (mp3)

 

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