François Iselin

POEME POUR MON CHER AMI

C’est Henri qui…

… Refusait de mettre des gants quand il prenait à pleines mains les sales affaires.

… Dénonçait les manœuvres des propagateurs de toxiques qui chaque matin, pendant un siècle, les déposaient secrètement sur les places de travail.

… Répondait illico aux problèmes les plus ardus que nous lui posions, nous les ignares que la vérité passionnait.

… Travaillait sans relâche pour que justice soit faite, une fois pour toutes et pour toutes et tous.

… Défendait sans mollir l’évidence des faits, contre vents de ragots et marées de menaces.

… Riait bien quand on le taxait d’alarmisme car, avec le temps, il a toujours fini par rire le dernier.

Et bien Henri, Merci !

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Honte à vous, empoisonneurs, menteurs, falsificateurs !

Henri vous a débusqués, poursuivis, acculés dès vos premières intrigues.

Henri a fait ce que la Justice, la Prévention, la Recherche, la Santé, bref l’Etat, n’ont pas fait, pas voulu faire et ne pourront jamais faire à sa place et la nôtre.

Henri a fait ce que tout être digne de porter le qualificatif d’humain doit faire mais que trop peu encore osent s’y risquer.

Henri qui a secoué le cocotier de l’indifférence devait nous aimer beaucoup, toutes et tous, pour que nous l’aimions tant…

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Henri parti

À la mi février, Henri a quitté nuitamment, comme pour ne pas déranger, ce monde qu’il abandonne sans nous abandonner.

Il le quitte en même temps que le Clem quitte la France.

Il ne verra pas Claude Raffaeli, ancien médecin du travail de Ferodo à Condé-sur-Noireau, courber l’échine devant la justice.

Il ne verra pas son Jussieu assaini car il quitte trop tôt un avenir qui tarde trop.

Il n’entendra pas, le 6 avril à Turin la lecture de l’acte d’accusation contre Schmidheiny Stephan Ernest et De Cartier De Marchienne Jean Luis Marie Ghislain.

Il n’en a que faire de voir ces lamentables patrons crapuleux répondre de leurs crimes, sans même les regretter et prêts à recommencer de plus belle.

Il ne nous verra pas nous acharner à prendre humblement sa relève pour défloquer le monde et défendre ses victimes.

Il n’entendra pas nos pleurs à l’annonce de sa mort, il en rira peut-être même de son bon rire que je crois déjà entendre !

Adieu Henri, adieu l’ami !

François